Essai Mazda MX-5 RF une

Mazda MX-5 RF 2.0 160 ch, le joueur

Inspiré des roadsters anglais des années soixante et écoulé à plus d’un million d’exemplaires, le MX-5 né en 1989 est le petit cabriolet pur plaisir par excellence. Pour 2017, Mazda a décidé de le réinventer sous l’appellation RF (Retractable Fastback) en lui offrant un toit rigide escamotable ! L’équipe OhMyCar n’a pas pu résister à la tentation de mettre cette nouvelle version à l’épreuve lors d’un essai sur petites routes.

Un look spectaculaire

Essai Mazda MX-5 RF design

Pourquoi choisir entre un coupé sportif et un cabriolet à sensation ? Mazda a tranché et décidé de garder les deux. La capote en toile, ce n’est pas pratique : place au toit rigide partiellement rétractable façon Porsche Targa. Ce dernier est accessible pour 2 500 € de plus que la version ST.

Le mécanisme électrique se déclenche par une simple pression sur un bouton, permettant au segment arrière du toit de se soulever et de se rabaisser, faisant ainsi disparaître la partie haute et la vitre dans un repli d’une élégance origamique. L’opération de 13 secondes peut s’effectuer en marche jusqu’à 10 km / h et le pari esthétique est réussi !

De cette nouvelle configuration résulte une ligne sculpturale et originale, mise en valeur par de nouveaux montants arrière fuyants et une calandre musclée juste ce qu’il faut. Car rappelons que le MX-5 est un poids plume aux dimensions réduites : à peine 4 m de long et 1080 kg pour la version 2.0 160 ch, la plus lourde. Autant dire que pour un tel gabarit, le dessin du roadster doit incarner un subtil dosage entre finesse et audace. Et au petit jeu de la séduction, le MX-5 RF s’impose sans difficulté.

Surnommé affectueusement “la Miata” outre-Atlantique, le cabriolet en version RF a fait ses premiers pas au Salon de Los Angeles 2016, où il a remporté le titre de “Voiture de l’année” et le prix du meilleur design pour faire bonne mesure. Aussi, les designers de Mazda sont plutôt confiants quant à l’accueil du public pour cette version retravaillée.

Un cockpit sobre mais bien pensé

Essai Mazda MX-5 RF habitacle

Sans grande surprise, le cockpit étroit de notre version d’essai en finition Selection s’avère sobre et sportif, avec une sellerie cuir aux surpiqûres soignées et des sièges enveloppants à l’assise très basse, comme il se doit pour un roadster d’agrément. Au final, l’habitacle de la RF reste semblable à celui de la version Soft, avec une planche de bord organisée comme celle d’une berline et des matériaux de bonne facture.

Néanmoins, pourquoi changer une équipe qui gagne ? Si cet intérieur s’est déjà vu reprocher son manque de fantaisie, il n’en reste pas moins d’une excellente ergonomie, logique et simple dans un souci de l’expérience conducteur propre aux modèles japonais. Le pédalier étroit conçu en orgue pour un angle d’appui régulier, le volant vertical et le levier de vitesse court et bien placé sont autant d’éléments pensés pour permettre au conducteur de faire corps avec l’asphalte.

Seuls petits bémols : le toit bas n’a pas été prévu pour les grands gabarits et le bouton du système de navigation se trouve sur la console centrale, ce qui n’est pas optimal pour passer les vitesses en transmission manuelle sans appuyer dessus. De plus, les rangements pratiques ne sont pas légion. En revanche, la prise en main des commandes est rapide et intuitive, ce qui représente un atout certain pour le MX-5. De plus, le toit escamotable de la version RF n’empiète pas sur le petit coffre qui parvient tout de même à garder son volume de 130 L, convenable pour un week-end à deux.

Un équipement (presque) inchangé

Essai Mazda MX-5 RF équipement

Les niveaux de finitions restent quasi identiques à ceux de la ST, à l’exception d’un tour de passe-passe décevant : le Pack Sport proposant les sièges Recaro en alcantara, les amortisseurs Bilstein et la barre anti-rapprochement, n’est disponible qu’en option sur la RF alors qu’il l’était de série sur la 2.0 à capote souple. Néanmoins, le roadster reste généreux avec un premier niveau de finition Elegance à 27 800 € comportant feux à LED, rétroviseurs électriques et chauffants, régulateur de vitesse et aide au freinage d’urgence. A cela s’ajoute l’écran 7 pouces avec le système multimédia MZD Connect, bluetooth et haut-parleurs compris.

Dès la seconde finition Dynamique, le dispositif de navigation, la climatisation automatique et les sièges chauffants font leur apparition. Mais l’offre s’étoffe vraiment avec la version haut de gamme Selection, qui apporte la détection de véhicule en approche, la reconnaissance d’obstacles mobiles en marche arrière, les feux de route automatiques, l’aide au stationnement arrière et le système audio Bose.

Le plaisir de conduire avant tout

Essai Mazda MX-5 RF conduite

La Miata a été conçue en aluminium, acier et alliages de plastiques pour une masse maîtrisée, même avec les 40 kg que rajoute le toit en dur. Cette légèreté alliée à la propulsion de ce modèle et aux 160 ch de notre version d’essai promet des sensations inédites. Et dès le démarrage, nous ne sommes pas déçus ! Le MX-5 RF 2.0 n’est pas aussi léger que son petit frère 1.5 de 131 ch, mais son couple généreux compense sans problème sa différence de poids. De même que l’Abarth 124 Spider, ce roadster procure des sensations efficaces même à vitesse modérée. Mais avec ses quelques chevaux de plus, difficile de résister à la tentation de taquiner l’accélérateur.

Très maniable et agile, le cabriolet se laisse apprivoiser de bonne grâce et démontre particulièrement ses talents sur les petites routes sinueuses, abordant les virages volontairement et sans effort. Réactif et communicatif, le cabriolet invite le conducteur à une osmose sans pareille, à laquelle l’excellente boîte de vitesses manuelle à six rapports n’est pas étrangère. Le train arrière joueur permet de s’amuser avec la propulsion sans grande frayeur, notamment grâce au nouveau différentiel autobloquant de cette génération. Cependant, ne vous y trompez pas : le MX-5 2.0 répond présent au moindre défi, révélant un talent certain pour le drift. Heureusement, le petit gabarit et le châssis très équilibré du roadster rendent la reprise de contrôle aisée en cas de glissement trop prononcé.

Mais la différence notoire de la version RF réside dans le confort : la configuration Targa avec un toit semi-fixe permet de rouler à découvert sans être gêné par un vent trop frais. En outre, les suspensions raffermies garantissent un maintien optimal sans altérer la connexion à la route. Seuls les bruits d’air mal maîtrisés apportent une légère ombre au tableau. Néanmoins, l’appétit léger du roadster redonne bien vite le sourire : nous relevons une consommation moyenne honorable de 7 L / 100 km au terme de l’essai.

En résumé, le MX-5 RF est un excellent compromis entre plaisir et polyvalence : il sait tout faire, ou presque ! Bien que sa facilité de prise en main en fasse un excellent compagnon d’escapade, la version 1.5 131 ch est sans doute plus adaptée aux conducteurs peu habitués à la propulsion que le 2.0, plus vigoureux.

Le bilan

essai-mazda-mx-5-detail

A l’instar de ses cousines 124 Spider de Fiat et Abarth avec lesquelles elle partage une base technique commune, la Miata est un magnifique jouet pour adulte. Mais elle est bien plus abordable et mieux positionnée ! Avec des prix débutants à 27 800 € pour le moteur 1.5 L 131 ch et à 33 250 € pour le 2.0 L 160 ch, la nippone affiche une accessibilité qui lui donne aussi un avantage certain face à une BMW Z4 ou une Mercedes SLC, aussi lourdes que chères. En outre, le toit rigide que rajoute la version RF au MX-5 est le petit plus sécurité qui fait pencher la balance en sa faveur. On aurait tort de se priver !

Certes, il ne s’agit pas d’une voiture faite pour le quotidien ou les vacances en famille, et sa conduite découverte est un peu bruyante. Mais elle reste très confortable et ludique, pour un coût abordable (l’entrée de gamme correspond au tarif d’une Renault Megane).

Si ce roadster pouvait parler, il vous dirait certainement qu’on ne vit qu’une fois.

On aime

  • Le design séduisant
  • La puissance idéale de 160 ch pour un tel roadster
  • L’excellente transmission manuelle bien étagée et très réactive
  • Le prix

On aime moins

  • Le cockpit non prévu pour les plus grands
  • Les bruits d’air mal contenus
  • Le manque de rangement

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