Essai Abarth 124 Spider sur circuit

Abarth 124 spider, le néo-vintage

Jumeau du Fiat homonyme et cousin du Mazda MX-5 dont il reprend la base technique, l’Abarth 124 Spider marque l’avènement de la marque au scorpion en tant que constructeur automobile à part entière. L’équipe OhMyCar a souhaité faire l’expérience de ce roadster ultra-sportif pour vous en dire plus (et aussi pour le plaisir !).

Un roadster exubérant

Essai Abarth 124 Spider Design

Depuis son apparition en 2007 en tant que marque, Abarth a su trouver un public (13 750 véhicules écoulés sur l’année 2016) en faisant évoluer sa gamme pour toujours plus de beauté et de sportivité. Cependant, le scorpion peine encore à prendre une indépendance complète vis-à-vis de son créateur Fiat. Or à l’instar de la 595, déclinaison surboostée de la Fiat 500, l’Abarth 124 Spider n’est ni plus ni moins qu’une version plus musclée et customisée de son équivalent made in Fiat.

Esthétiquement, on fait tout de même difficilement mieux pour un roadster. La 124 Spider au scorpion semble hésiter entre une modernité typiquement “supercar” et le charme indémodable des années 60-70, le tout avec une assurance et une prise de risque très italiennes. Il reprend donc quelques traits de son ancêtre de 1966, y ajoute des lignes de fuite fluides et une agressivité assumée, puis saupoudre le résultat d’une poignée de détails vintages. Du mélange découle un look racé, marqué par un style néo-rétro bien dosé et un caractère sans pareille. Plus long que le MX-5 de 14 cm, le scorpion s’impose.

Ce n’est pas le genre de voiture pour laquelle on pèse le pour et le contre à la recherche du meilleur rapport qualité / prix. Non, on tombe amoureux de l’Abarth 124 Spider au premier regard, ou l’on passe son chemin. Dans tous les cas, le cabriolet ne passe pas inaperçu avec sa carrure à la fois musclée et élancée, la peinture mate de sa calandre et de sa malle arrière, ainsi que sa lame de spoiler et ses rétroviseurs colorés qui vitaminent l’ensemble. Des jantes Corsa 17’’ ciselées, un long capot nervuré à double bosselage, des grilles de radiateur alvéolées et des blocs optiques en amandes viennent parfaire le look résolument Rock’n Roll et ultra-sportif du roadster.

Une capsule temporelle

Essai Abarth 124 Spider habitacle

Une fois la bête admirée sous toutes les coutures, nous grimpons à bord et constatons avec plaisir que la même atmosphère sportive mâtinée de nostalgie règne à l’intérieur. Les pièces d’alcantara anthracite surpiquées de rouge sur la planche de bord, les tapis et la console centrale apportent une touche rétro soulignée par les bouches d’aération rondes et l’habillage bicolore de l’habitacle jusque dans les détails.

On adore les trois molettes de commande de la climatisation, le compte-tours rouge et le volant gainé de cuir et bagué, très oldschool. Quelques inserts chromés viennent réveiller le design intérieur somme toute assez sombre. Un style à l’ancienne oui, mais pas au détriment du confort : les sièges en cuir chauffants et l’écran 7 pouces sont là pour rappeler que nous sommes installés dans un bijou technologique.

En revanche, l’ergonomie interne n’est pas des plus intuitives, le volant n’est pas réglable en profondeur et l’habitacle manque cruellement de rangement à l’exception d’un petit coffre verrouillable entre les deux sièges (bien pratique dans le cas d’un cabriolet). Le coffre du cabriolet offre une capacité de chargement de 140 L, suffisante pour les adeptes des week-ends d’évasion à deux. Globalement, on peut dire que l’Abarth présente un intérieur plus réussi que ceux de ses alter-égos de chez Fiat et Mazda, assez austères.

Un générateur de sensations sur-mesure

Essai Abarth 124 Spider conduite

Assemblé au Japon, le cabriolet embarque le turbo essence Fiat 1.4 MultiAir 170 ch, un bloc agréablement déluré dont le mode sport au couple de 250 Nm promet des sensations de conduite incomparables dès le démarrage. Nous avons eu la chance de pouvoir tester ce 4 cylindres sur route et sur circuit.

L’Abarth 124 Spider ne ronronne pas, il rugit et gronde. Il faut dire que son échappement Record Monza à quatre sorties inox n’a pas été conçu pour la discrétion. Il donne d’ailleurs l’impression de filer à toute allure, même à vitesse de croisière. La boîte de vitesses 6 rapports avec palettes au volant n’enlève rien à la souplesse innée du roadster tant elle est précise et rapide à la détente. Pour l’équipe OhMyCar, c’est un excellent point.

La bonne surprise sur route réside dans le confort optimal de conduite malgré des amortisseurs Bilstein connus pour leur fermeté. De plus, la position de conduite permet une excellente connexion sensorielle avec la voiture qui aborde les virages, même serrés, avec une facilité déconcertante. Le cabriolet ne fait qu’un avec la route, grâce à sa direction rigoureuse et l’équilibre de son châssis léger. Le chant du 1.4 L au couple généreux se module sur des accélérations franches et des reprises efficaces. De surcroît, la légèreté du roadster permet de réduire sa consommation à 6,6 L / 100 km sur le parcours que nous avons effectué.

Pourtant, force est de constater qu’avec un tel comportement, l’Abarth 124 Spider gagnerait à développer quelques chevaux de plus pour libérer tout son potentiel. En revanche, le scorpion propose un différentiel autobloquant de série et la possibilité de déconnecter l’ESP pour donner plus de jeu au train arrière et s’amuser un peu en courbe sur sol sec. Cependant, mieux vaut s’abstenir de tester les limites du scorpion lorsqu’il se met à pleuvoir : l’adhérence de l’Abarth devient alors assez inégale, même pour une propulsion.

Le bilan

Essai Abarth 124 Spider détails avant

L’Abarth 124 Spider est un coup de cœur pour l’équipe OhMyCar. Son design et sa personnalité uniques, ses finitions parfaites et son excellent comportement sur l’asphalte en font le meilleur des jouets pour adulte, bien que sa puissance ne soit pas à la hauteur de la performance que l’on attend de ce cabriolet. L’ergonomie interne présente également une marge de progression en termes de praticité.

En résumé, le scorpion serait le roadster parfait avec quelques rangements en plus, un aménagement des commandes optimisé et une vingtaine de chevaux en plus. Cela justifierait au moins son positionnement tarifaire pour l’instant peu réaliste. En effet, à 40 000 € la version à transmission manuelle et 42 000 € la déclinaison automatique, l’Abarth se place face à des concurrents très bien implantés sur le marché européen comme l’Audi TT Roadster 1.8 180 ch ou le Mercedes SLC 200 184 ch. Or le Fiat 124 Spider affiche 15 000 € de moins pour 30 chevaux d’écart. Quant au MX-5 de Mazda, son prix s’élève à 32 050 € pour la version 160 chevaux.

Autant dire que les prétentions tarifaires du scorpion manquent un peu de cohérence au vu de l’état du marché. Il doit donc miser sur son caractère exclusif pour susciter un coup de cœur chez le public.

On aime :

  • Son look incomparable
  • Les sensations de conduite qu’il procure
  • Le bruit enivrant de son échappement

On aime moins :

  • Son prix
  • L’aspect pratique négligé
  • Son adhérence mitigée sur sol mouillé

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