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Mercedes-AMG SLC 43, le polyvalent

Le coupé-cabriolet Mercedes-Benz SLK n’a pas uniquement été retouché esthétiquement. En effet, son appellation a également changé et ce « nouveau » SLC s’est vu, pour l’occasion, adjoindre les services d’un V6 bi-turbo en version AMG.

Un cocktail qui manque de saveurs

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En matière de design, les modifications liées au restylage sont très légères, et s’il est certain qu’avec ses généreux boucliers la version AMG du SLC ne passe pas totalement inaperçue, son style s’avère nettement plus sage que celui d’une Audi TT-RS ou d’une Porsche Boxster par exemple. Il ne s’agit pas là forcément d’une critique, car d’aucuns préfèrent une certaine sobriété dans le style de leur voiture, même pour un roadster, mais le fait est qu’il manque dans le design une once de fantaisie telle que la version R171 au nez de Formule 1 pouvait l’amener. Ce côté relativement placide se retrouve, malheureusement, à la conduite. Comprenons-nous bien, avec un 0 à 100 km/h expédié en 4,9 s selon nos mesures (contre 4,8 pour le précédent SLK 55 AMG), il ne s’agit pas d’un veau. Preuve supplémentaire, s’il en est besoin, le 1000 m départ arrêté ne réclame que 24,2 s et la vitesse maxi est bridée électroniquement à 250 km/h. De surcroît, le couple maximum de 520 Nm est disponible dès les plus bas régimes, tandis qu’il fallait grimper à 4 500 tr/min avec le V8 pour atteindre une valeur similaire. Et pourtant, en dépit de performances comparables, le Mercedes-AMG SLC 43 ne parvient pas à supplanter son prédécesseur en matière de sensations.

Des sensations de conduite trop édulcorées

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Loin de nous l’idée de nous apitoyer sur l’inexorable quête du rendement énergétique – pour réduire les consommations et les émissions polluantes – mais certains constructeurs démontrent que ces contraintes ne les empêchent pas de concevoir des voitures captivantes. La dernière Corvette C7 Stingray en est un exemple remarquable. Or les sorciers d’Affalterbach ont tout simplement raté leur tour de magie avec le SLC, et c’est bien dommage. Il aurait suffi d’un turbo plus puissant – afin de ne pas rendre 54 ch à son prédécesseur, tout de même – d’un échappement sport plus enjoué, et surtout d’une direction plus informative, et le tour aurait été joué. En l’état, notamment par rapport à la Boxster S précédemment évoquée, la Mercedes-AMG SLC 43 n’offre clairement pas assez de ressenti : vous vous sentez détaché de la route à son volant, et pour un roadster de 367 ch, c’est un comble ! Certes, les limites du châssis sont trop éloignées pour être testées sur route ouverte, mais une fois sur circuit – et ce malgré le paramétrage de l’anti-dérapage ESP en mode « Sport + », voire entièrement déconnecté – le SLC by AMG montre une regrettable prétention au sous-virage. Pourtant, l’empattement n’est pas long et le train arrière est équipé d’un autobloquant mécanique, mais d’une génération à l’autre, on ne peut pas dire que le SLK/SLC se soit vraiment allégé… puisqu’il est passé de 1610 à 1 595 kg. Sur piste, vous avez en tout cas la désagréable sensation d’avoir sorti le SLC 43 de sa zone de confort, tandis que, sur route, le manque de tranchant de la direction reste pénalisant. En outre, si l’échappement émet de sympathiques crépitements au lever de pied, les accélérations semblent comme bridées par le fait que la nouvelle boîte automatique peut désormais égrener neuf vitesses, au lieu de sept précédemment.

Un coupé-cabriolet aux deux visages

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Au vu du tableau quelque peu noir que nous dressons précédemment, vous pourriez être tentés de croire que le Mercedes-AMG SLC 43 est tout simplement bon à oublier, mais ce n’est pas si évident. En fait, tout dépend de vos priorités et de vos points de référence. Avec le Pack AMG qui équipait notre modèle d’essai, nous disposions de suspensions pilotées suivant cinq modes – Eco, Confort, Sport, Sport+ et Individual – qui influent également sur l’assistance de direction, ainsi que sur la rapidité de passage des rapports. Parfois, mieux vaut une voiture bien réglée que bien réglable, mais en l’occurrence, il est tout à fait possible de changer le tempérament du SLC en quelques secondes, pouvant passer d’un confort moelleux et d’une balade « pépère » en cabriolet au bord de la mer à une conduite plus enjouée et sportive – toutes proportions gardées – en coupé, pour davantage de rigidité. Ce ne sera jamais aussi excitant qu’avec une Boxster S ou une Corvette, bien sûr, mais après tout, l’actuel Z4 de BMW s’inscrit dans la même veine. À condition de faire primer une certaine retenue sur le plaisir de conduire à l’état brut, le SLC peut être un choix qui se comprend, mais dans ce cas, pourquoi choisir la version AMG ?

Un positionnement tarifaire revu

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Cela étant posé, notons enfin que si le SLK 55 AMG coûtait la coquette – et délirante, soyons honnête – somme de 88 400 €, le nouveau Mercedes-AMG SLC 43 s’affiche à environ 22 000 € de moins, ce qui est nettement plus cohérent par rapport aux offres concurrentes. En outre, l’équipement de série inclut désormais les phares à LED adaptatifs, un système de freinage automatique d’urgence ainsi qu’un nouvel ensemble multimédia avec caméra de recul. À ce sujet, notons toutefois qu’en l’absence de commande tactile il convient d’utiliser une molette et deux boutons principaux, mais, très clairement, le côté intuitif est aux abonnés absents. Carton jaune à Mercedes également pour l’intégration du système Apple CarPlay, qui donne rapidement envie de s’arracher les cheveux. Enfin, pour terminer sur une note positive pour les futurs acheteurs, soulignons qu’en corollaire de la baisse de puissance, le nombre de chevaux fiscaux s’est réduit de 31 à 25, tandis que le malus écologique a été divisé par plus de deux.

Le bilan

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En troquant son « K » pour un « C », le petit coupé-cabriolet de la marque à l’étoile a clairement perdu une part importante de ce qui faisait son charme, à savoir un V8 « atmos-féerique », capable de faire vibrer la caisse sur un simple coup de gaz au feu rouge, et qui vous faisait dresser tous les poils en rugissant tel un T-Rex lorsque vous écrasiez la pédale. Oui, le SLK 55 AMG n’a jamais été aussi efficace et précis qu’une Boxster S, mais il avait une personnalité totalement différente, et au final, tout aussi attachante. Le problème de fond avec le Mercedes-AMG SLC 43, c’est qu’il n’est toujours pas capable de suivre le rythme de la Porsche, mais qu’il est également devenu si édulcoré qu’il en perd sa saveur. Avec le SL 63 AMG, Mercedes-Benz prouve que ses ingénieurs savent faire un coupé-cabriolet à la fois chic, performant et surtout empli de caractère. Espérons qu’ils se remettront rapidement à l’œuvre pour améliorer la version AMG du SLC. En l’état, et même si c’est loin d’être une mauvaise voiture, elle nous a vraiment laissé sur notre faim.

On aime :

  • Le confort et les possibilités de réglage multiples pour changer le s
  • La possibilité de manipuler le toit en roulant
  • Le prix, nettement moins délirant que dans le passé

On aime moins :

  • Le manque de charisme
  • Avoir 520 Nm de couple à 2000 tr/min génère trop de pertes de motricité
  • L’ergonomie du nouveau système multimédia

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